31 octobre 2009

La femme de midi - Julia Franck

Stettin, en 1945. La ville est envahie par l’Armée Rouge. Comme des milliers de fugitifs, Alice se rend à la gare avec son petit garçon de sept ans, Peter, … qu’elle abandonne sur le quai.

Pour tenter de comprendre ce geste extrême et désespéré, l’auteur revient aux sources de l’histoire d’Alice, alias Hélène, et déroule minutieusement le fil de sa vie, en même temps que l’histoire de l’Allemagne d’avant-guerre et la montée sournoise du nazisme.

Alice/Hélène est une petite fille sensible et surdouée qui grandit entre une mère qui sombre peu à peu dans la folie, un père qui s’éteint rapidement et Martha, sa grande sœur adorée.

Peu après la mort du père, Martha et Hélène sont accueillies par leur tante maternelle, Fanny, figure de la haute bourgeoisie juive intellectuelle de Berlin, qui leur fait découvrir un nouvel univers, insouciant, de fêtes et de spectacles.

Hélène reprend ses études, devient infirmière (à défaut de devenir médecin), rencontre l’amour de sa vie, mais épouse un ingénieur nazi qui veut à tout prix "l’aryaniser"mais finit par la rejeter.

Julia Franck évoque avec âpreté autant qu’avec pudeur et subtilité le destin douloureux de cette femme, détruite par la mort de son premier amour, dont les ambitions sont brisées du fait de ses origines juives, dans un Berlin où la vie devient de plus en plus cauchemardesque.

Le livre s’ouvre et se referme sur la voix de Peter, l’enfant abandonné, ce qui lui donne une valeur de témoignage, l'auteur s'étant inspiré de son histoire familiale, en l'occurrence celle de son père, qui fut l'enfant sur le quai de la gare.

Un très beau roman, dont la toute dernière partie du roman m’a particulièrement émue, car on comprend alors l’immensité du sacrifice d’Alice.

C’est le premier roman traduit en France de Julia Franck. Il a rencontré un immense succès auprès des lecteurs, à défaut des critiques, en Allemagne. Je remercie infiniment Levraoueg de m’avoir permis de découvrir ce roman, qui m'aurait certainement échappé.

A lire également un portrait intéressant de Julia Franck par le Nouvel Obs !

3/7






La femme de midi – Julia Franck
Traduit de l’allemand par Elisabeth Landes
Titre original : Die Mittagsfrau
Flammarion – 370 pages

29 octobre 2009

Les Conspirateurs - Shan Sa

Jonathan Julian, jeune informaticien, arrive à Paris où il emménage dans le même immeuble que Ayamei, autrefois héroïne du mouvement étudiant de Tianan men et désormais réfugiée en France, juste en face du jardin du Luxembourg, où Ayamei enseigne les arts martiaux.

Ayamei enseigne aussi le chinois aux deux petites filles de Philippe Matelot, travaillant au Ministère de l’Industrie et responsable de certains accords commerciaux entre la France et la Chine.

Accessoirement, ces trois personnages sont espions pour le compte de leurs gouvernements respectifs. Accessoirement, car finalement c’est leur fonction d’espions qui les font se croiser, se mentir, se manipuler, se séduire, situation prétexte à une intrigue qui tient plus du marivaudage que du roman d’espionnage.

L’intrigue est prévisible et rebondit mollement, les dialogues m’ont semblé insipides et sans saveur, bien que parfois pimentés de quelques expressions en V.O. (chinois ou anglais). Peut-être pour nous rappeler l’internationalité des personnages ?

Bof, bof ! Pas du tout convaincue par ce titre de Shan Sa, que j’avais envie de découvrir, n’ayant pas lu encore "la joueuse de go" ni "Impératrice", dont les thèmes m’attirent davantage.

Merci beaucoup à BOB et au Livre de Poche, qui m’ont fait parvenir ce livre.

BlueGrey n'a pas été convaincue, Ankya, en revanche, a beaucoup apprécié.






Les Conspirateurs - Shan Sa
Le Livre de Poche - Octobre 2007
218 pages

27 octobre 2009

Fille noire, fille blanche - Joyce Carol Oates

"Minette n’a pas eu une mort naturelle, et elle n’a pas eu une mort facile. Chaque jour de ma vie, depuis sa mort, j’ai pensé à Minette et au supplice de ses dernières minutes, car j’étais celle qui aurait pu la sauver, et je ne l’ai pas fait. Et personne ne l’a jamais su."

Quinze ans après la mort tragique de sa camarade de chambre, Minette Swift, la veille de son dix-neuvième anniversaire, Genna Hewett-Meade décide de revenir sur cette terrible première année d’université au collège ultra-chic de Schuylerville et reconstruit les mois qui ont précédé la mort de Minette, dans un " texte sans titre, au service de la justice".

Nous voici plongés au cœur des années 70, dans une Amérique post-nixonnienne, traumatisée par la récente guerre du Vietnam.

Genna et Minette ont dix-huit ans et partagent une chambre sur le campus d’une prestigieuse université féminine de la côte est. Genna, la fille blanche du titre, est issue d’une famille bourgeoise et libérale. Son père, Max Meade, est un avocat activiste radical, défenseur acharné des droits civiques, n’hésitant pas à prendre la défense des cas les plus extrêmes de terroristes recherchés par le F.B.I.. Elle est aussi, à son corps défendant, l’héritière du fondateur de l’université Schuyler qu’elle vient d’intégrer.

Minette Swift est une étudiante noire, boursière, fille d’un pasteur charismatique, et la première de sa famille à faire des études. Minette se montre d’emblée sous un jour peu avenant : profondément religieuse, hautaine et renfermée, apparemment insensible à l’opinion de son entourage, elle se rend peu populaire auprès des autres étudiantes, noires ou blanches, et semble refuser toutes les tentatives maladroites de Genna à devenir son amie et confidente. On sent que Minette est très frustrée par sa nouvelle vie. Sa famille lui manque et ses résultats universitaires sont loin d’être satisfaisants.

Aussi, quand Minette commence à devenir la cible d’actes de malveillance et de harcèlement raciste, Genna décide de protéger son amie à tout prix.

Minette Swift est un personnage ambigu et on ne sait pas si elle est réellement victime de racisme et de harcèlement ou si, pour d’obscures raisons, elle invente tous ces mauvais traitements.

Joyce Carol Oates dessine un portrait captivant de l’Amérique des années 70, décrit avec acuité et subtilité les personnalités complexes de Genna et Minette, leur impossible amitié entre tensions raciales et le lourd héritage familial porté par chacune des jeunes filles, dans un langage très éloigné du discours politiquement correct de l’Amérique d’aujourd’hui.

Un grand coup de cœur pour ce nouvel opus de Joyce Carol Oates !


Amanda l'a aimé aussi et en parle merveilleusement bien ici


2/7





Fille noire, fille blanche - Joyce Carol Oates
Titre original : Black Girl, White Girl
Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Claude Seban
Philippe Rey - 378 pages

13 octobre 2009

Encore une danse - Katherine Pancol

Clara, Joséphine, Lucille, Agnès, Philippe et Rapha sont amis depuis leur plus tendre enfance, passée en proche banlieue de Paris, souvent délaissés par leurs famille ou proches parents.

Au moment où nous les rencontrons, ils approchent doucement de la quarantaine. Joséphine a épousé un chef de clinique et vit en province, entourée de ses trois enfants, Lucille a épousé un richissime aristocrate anglais et passe sa vie à faire du shopping à Londres ou à New-York, Agnès vit sagement à Clichy avec son mari et ses deux enfants. Clara, elle, vole d’amant en amant, en attendant de retrouver Rapha, son grand amour, mais qui l’a quittée après avoir découvert sa trahison. Rapha, le séducteur, l’irrésistible, est devenu un peintre célèbre (le nouveau "Jean-Michel Basquiat", carrément !) et torturé et est le centre de toute l’histoire.

Les amies se retrouvent régulièrement pour une soirée entre filles.

Et, voilà, à mon tour de faire mon mea culpa, car c’est là que j’ai arrêté ma lecture, page 176, juste à la fin du dîner chez Clara. Je n’ai pas été touchée par le portrait de ces femmes, éternellement insatisfaites, tant il est caricatural et agaçant, voire à certains moments terriblement déprimant !

Une rencontre ratée avec Katherine Pancol, dont c’était pour moi la première lecture. Je ne promets pas de retenter ma chance un jour, malgré les avis positifs sur ses autres titres.

C’était le maillon n°7 de la chaîne de livres. Il a été proposé par Yoshi et a été lu par Leiloona , Cécile , Bluegrey , Argantel , Emmyne et Yohan . Il poursuit sa route dès demain pour aller chez Ys, initiatrice de la grande chaîne.







Encore une danse - Katherine Pancol
Le livre de poche
286 pages

5 octobre 2009

Tokyo Express - Matsumoto Seichô

Les corps sans vie de Toki, jeune serveuse d’un restaurant de Tokyo, et de Kenichi Sayama, fonctionnaire au Ministère X, à Tokyo également, sont retrouvés sur une plage de l’île de Kyushu. Très loin de chez eux. Tout porte à croire à un suicide d’amoureux, d’autant que plusieurs témoins assurent avoir vu Toki et Asagawa prendre le train ensemble en gare de Tokyo. Le jeune inspecteur Mihara, basé à Tokyo, est chargé de l’enquête, ponctuellement assisté de son homologue du Kyushu, Jutaro Torigai, qui a rapidement flairé un détail troublant dans une mise en scène un peu trop parfaite.

Et puis, il apparaît rapidement que la mort du jeune Sayama arrange très bien les affaires de quelques hauts fonctionnaires du Ministère X, impliqués dans de sombres histoires de corruption. J'en dis volontairement très peu, car l'histoire est plutôt complexe.

C’est donc un polar tout à fait classique, dont tout l’intérêt tient dans la méticulosité de Mihara à démonter l’alibi apparemment irréfutable du suspect n°1, qui a concocté un plan machiavélique, et tout à fait particulier, car il réussit l’exploit de passionner le lecteur avec un planning horaire de trains (le train reste le moyen de transport préféré de nombreux Japonais) ! La narration est très réaliste et l’on suit pas à pas les progrès (et reculs) de l’enquête, les petites victoires et découragements de l’inspecteur Mihara, jusqu’à la révélation finale de l’intrigue. Tout se tient, alors que le lecteur s’est perdu maintes fois en se disant que l’affaire était insoluble (enfin, moi, en tout cas).

Ecrit en 1958, ce roman a connu un succès légendaire et reste un classique dans la littérature policière au Japon. Il a également été choisi par l’Unesco dans son programme de traduction des œuvres représentatives japonaises. Voilà qui en fait presque un incontournable et vous verrez qu’on peut trouver de la poésie dans les horaires de chemins de fer !

A lire, le billet très complet de Soie , qui comporte également une carte du Japon et une photo de l'Asakaze, train "héros" de ce roman.

2 octobre 2009

La plus gâtée de la blogosphère !

Ne cherchez plus ! La plus gâtée de la blogosphère, c'est moi !!

Hier après-midi, un très très gros colis m'attendait devant la porte. Le colis, vous vous en doutez, fut prestement déballé, d'autant que j'avais lu le nom de ma bienfaitrice !

Délicatement posées sur un joli papier de soie vert, deux enveloppes : une à ouvrir AVANT le grand déballage, la seconde à ouvrir APRES. Exhortations bien évidemment scrupuleusement respectées.






J'avoue m'être un peu précipitée pour ouvrir les paquets, en commençant par les livres. Ici, pour vous, un premier indice devrait vous permettre d'avoir une idée de ma mystérieuse expéditrice :

Sur la lecture, Marcel Proust
Daphné disparue, José Carlos Somoza
L'art du roman, Virginia Woolf
Ecrivain (en 10 leçons), Philippe Ségur



Les délicates attentions, qui m'ont fait sourire tout seule, tant elles témoignent d'intention de faire plaisir : un thé vert du Palais des Thés, subtilement parfumé à la fleur de cerisier, baptisé "Fleur de Geisha", accompagné des indispensables filtres à thé individuels, accessoires dont je ne pourrai me passer ; des tablettes de chocolat noir aux écorces d'orange et lait noix de coco, dans des emballages (j'ai goûté le noir écorces d'orange, il est à tomber !)


Et enfin, l'ultime surprise, un sublime sac en lin pour transporter les livres, très joli et aussi très bien conçu, avec des petites poches (pour le téléphone, le carnet de notes, etc). Et, surtout, je vous laisse découvrir le détail qui rend ce sac encore plus unique ! Tu as raison, Miss C., ce sac est fait pour moi !



Vous constaterez que je n'ai toujours pas ouvert la grande carte rose (faite main, spécialement pour moi) que je suis maintenant autorisée à décacheter :



Ce qu'il y a à l'intérieur .... Je le garde pour moi, c'est personnel !

Caro[line], tu es une perle ! Tous tes cadeaux me font très très plaisir, des livres à découvrir aux chocolats et au thé à savourer et à mon nouveau it-bag, qui va vite devenir indispensable ! Merci beaucoup.

Merci à toi, Ys , pour cette belle et originale idée de swap.

1 octobre 2009

Envie de jouer ?

et de tester vos souvenirs littéraires ?

Emmyne a concocté un quiz sur les célèbres bibliothèques rose et verte qui ont enchanté notre enfance !




Alors, à vos claviers ! Tentez votre chance !