La mort de Komodo Genzaburô, héritier d’une richissime famille, ancien condisciple de l’université et avec lequel il présente une ressemblance troublante, donne à Hitomi une chance inespérée de réaliser son rêve. Bien que Komodo soit mort et enterré, Hitomi imagine un plan complètement démoniaque, organisant sa propre disparition, afin de prendre l’identité de son ancien camarade, prévoyant de faire croire à ses proches, et à sa jeune épouse, à sa subite résurrection.
Devenu Komodo Genzaburô, Hitomi consacre toute sa fortune à aménager une île, et donne libre cours à ses rêves les plus délirants. Tout sur l’île n’est que trompe-l’oeil et illusions. Grâce à des procédés ingénieux, Hitomi réussit à créer sur l’île les paysages les plus variés, où le promeneur passe de la forêt la plus épaisse à la plaine la plus immense, peuplées par des créatures fantastiques, à la fois magnifiques et effrayantes.
Hitomi se réjouit de faire visiter son œuvre à Chiyoko, son épouse, à la fois séduite et effrayée par la création de son mari, lui-même un peu inquiet car il est convaincu que Chiyoko a des doutes sur sa véritable identité. Un crime est rarement parfait, le paradis menace de se transformer en enfer et Hitomi se rend compte trop tard de la faiblesse de son plan.
Edogawa était un grand admirateur d’Edgar Allan Poe, avec lequel il partage un penchant pour le grotesque et le bizarre. Sa description de l’atmosphère qui règne sur l’île panorama est réellement oppressante et morbide, et je me suis réjouie de tourner la dernière page.
Malgré mon enthousiasme modéré pour cette lecture, j’ai bien envie de découvrir l’adaptation manga de Suehiro Maruo, découverte grâce aux billets d'Emmyne et de Choco.
L’île panorama – Edogawa Ranpo
Traduit du japonais par Rose-Marie Makino-Fayolle
Titre original : Panorama-to Kitan (1927)
Picquier poche – 1999 – 157 pages












